lundi 10 août 2009

Rencontre avec Fernand Dansereau, à la Cinémathèque québécoise, le 11 novembre 2008

J’ai rendez-vous avec Fernand Dansereau au café de la Cinémathèque une après-midi de novembre. Il a le regard de l'homme sage qui a vu naître le cinéma québécois. Il me pose d’abord quelques questions sur ce qui m’a poussé à faire des recherches sur les fictions historiques québécoises. Je lui raconte mon parcours et évoque Le festin des morts, film qu’il a réalisé en 1965 sur l’évangélisation huronne par les jésuites au 17ème siècle.

 

FD : Alors… Comment je peux vous aider ?

 

ALP : Je ne suis pas très douée pour improviser mes questions. J’en ai donc préparé quelques-unes. Et comme c’est généralement le principe dans mes entrevues, j’aimerais que vous commenciez par me parler de votre rencontre avec l’histoire, à l’école.

 

FD : J’ai fait une formation que l’on appelait à l’époque le Collège Classique. C’est une formation qui nous emmenait de la fin du primaire au seuil de l’université, pendant huit ans. Dans ces cours, on nous enseignait l’histoire universelle d’abord, surtout des Romains et des Grecs parce qu’on faisait beaucoup de latin et de grec. Il y avait ensuite quelques années où l’on faisait de l’histoire contemporaine avec quelques cours sur l’histoire du Canada. On ne disait pas encore québécois. Je me suis beaucoup intéressé à l’histoire. Mais pas plus à celle du Québec qu’à d’autres.

 

ALP : Est-ce que dans ces cours on insistait particulièrement sur l’histoire de la Nouvelle France ?

 

FD : On avait une histoire très nationaliste. On apprenait l’histoire de l’installation de la colonie française en Amérique du Nord, l’histoire de la Conquête. On n’insistait pas beaucoup sur la fin du 18ème siècle et le 19ème siècle.

Quand j’ai fait Le festin des morts, j’admirais beaucoup le cinéma japonais. Je me rendais compte que mes samouraïs à moi, dans mon imaginaire, c’étaient les Indiens, les missionnaires jésuites, les découvreurs, les héros de guerre de l’époque, Dollars des Ormeaux… ça a été une sorte de réédition pour moi de faire ce film. Je me suis dit que j’allais me rendre à mon imaginaire, que j’allais fouiller ces images, qui ne sont pas toutes positives.

 

ALP : Qu’est-ce qui a déclenché l’idée du film ?

 

FD : En terme de cinéma j’ai découvert le genre historique et ça m’a fasciné. Je me suis beaucoup intéressé à la reconstitution : décors, costumes. On a recréé un village indien. J’ai travaillé avec des archéologues qui étaient en querelle à l’époque à propos de la construction des maisons longues indiennes. J’ai reconstitué le village presque sans décorateur. Ça n’existait pas encore vraiment ici. Ce que vous voyez dans le film est fondé sur les découvertes du Docteur Jury, un anthropologue canadien. Toutes ces questions et celles des costumes me fascinaient. Pour les costumes d’ailleurs les seules traces que l’on avait étaient les dessins de Champlin et des missionnaires. En ce qui concerne les maquillages, j’ai été confronté à des difficultés parce que les historiens américains avaient tendance à interpréter le maquillage indien de façon codifiée. J’ai mis ça en doute. Pour moi ce n’étaient pas des peuples rationnels. Ce n’étaient pas des peuples qui codifiaient leur langage. Ils n’avaient pas de système d’écriture. Ils devaient se maquiller comme les Africains, selon l’humeur, selon un sentiment plus émotif, instinctif. On a été voir beaucoup de masques africains et puis on a extrapolé à partir de ça et de ce que l’on savait des amérindiens. On a inventé en quelque sorte le maquillage de ceux que vous voyez à l’écran. J’ai dépensé beaucoup d’énergie pour ça.

 

ALP : Il y a très peu de films historiques avant le votre. Des films muets essentiellement. Je ne sais pas si vous avez pu en voir. Je pense à Madeleine de Verchères, Dollars des Ormeaux

 

FD : Je n’ai pas souvenir d’avoir vu ces films…

 

ALP : C’est Alec Pelletier qui est venue vous voir avec le projet ? Vous n’aviez pas encore beaucoup tourné à ce moment là.

 

FD : Si, j’avais tourné quelques documentaires et fictions dans les années 50. Je suis entré à l’ONF en 1955 et j’ai fait Le festin des morts en 1963. De 1960 à 1963 j’ai surtout fait de la production mais avant ça j’ai fait toutes sortes de choses. C’était une époque où la télévision arrivait et provoquait à la fois une surabondance et une transformation de la production. On produisait à meilleur coût avec beaucoup moins de contrôle de l’ONF. J’ai écrit des séries dramatiques, j’ai fait beaucoup de documentaires, avec d’autres, en équipe. On était des très jeunes cinéastes, on partageait beaucoup de mandats. Il y a eu une grosse année, 58 ou 59, où j’ai écrit neuf demi-heures dramatiques et où j’en ai réalisé autant, pas nécessairement les miennes. J’ai écrit trois demi-heures réalisées par Claude Jutra et j’en ai réalisé deux écrites par Louis Portugais. Alec Pelletier avait à l’époque un téléroman pour les jeunes et elle voulait passer à autre chose avec ce projet. J’avais hésité à le faire. On était en pleine révolution cléricale.

 

ALP : J’ai lu que c’était le premier long métrage francophone mis en chantier à l’ONF.

 

FD : Je pense, oui. Il y a eu le film de Gilles Carle à la même époque mais il a été fait par la bande sans l’accord de l’ONF.

 

ALP : J’imagine qu’il n’a pas été facile de les convaincre.

 

FD : Non, pas vraiment. Moi j’avais été producteur de l’équipe française pendant trois ans. J’étais le garde-frontière entre les producteurs et les créateurs. C’est toujours très difficile. J’avais une bonne réputation auprès de la maison et de l’équipe des créateurs. Autant que je m’en souvienne c’était Pierre Jutra qui était secrétaire de la production, qui était un ami d’Alec Pelletier, et qui avait beaucoup d’ambition dans la production française. Il voulait explorer le long métrage. Alors nos ambitions respectives se rejoignaient.

 

ALP : Le film était prévu dès le départ pour la télévision ?

 

FD : Il était prévu à la fois pour le cinéma et pour la télévision. Il y avait un apport de la télévision dans le financement. Mais finalement il a été diffusé à la télévision et dans très peu de salles. On a essayé de le diffuser en France mais il a très mal marché. Il n’y avait pas vraiment de réseau de distribution pour les salles au Québec à ce moment-là. Tous les films français étaient distribués par France Film.

L’accueil après sa diffusion télé était très mitigé. Il y a eu beaucoup d’enthousiasme et aussi beaucoup d’hostilité, chez les créateurs en particulier. Beaucoup de cinéastes n’appréciaient pas mon esthétique, ou le film en général. J’en ai gardé un sentiment assez ambigu, blessé et fier.

 

ALP : J’ai quand même l’impression qu’il a eu une longue vie. J’ai lu des critiques très pertinentes et parfois très enthousiastes à son propos, depuis sa sortie jusqu’à maintenant.

 

FD : Le film a duré. Il y a peut-être une certaine facture qui a marqué.

 

ALP : Est-ce que l’ONF est intervenu au cours de la production pour vous influencer dans vos choix d’écriture, de mise en scène ?

 

FD : Pas du tout. Il y a eu une deuxième version du film mais c’était dans l’idée de le diffuser en salles. Ca n’a finalement pas eu lieu et la télévision a utilisé cette deuxième version, plus courte que la première. Plusieurs années après, quand je l’ai revue, j’ai préféré retourner à la version originale que je trouvais plus riche. Elle reflétait davantage ce que j’avais voulu faire. Il y avait des séquences sur l’enfance du jeune curé, en France, dans la première. Les deux versions sont disponibles à la Cinémathèque.

 

ALP : Justement, ce jeune curé n’est pas très clairement identifié, contrairement à Brébeuf dans le film.

 

FD : Il y avait un jeune missionnaire jésuite à cette époque-là dont je me suis inspiré, Chabanel. Je ne voulais pas trop coller à ce jésuite parce que ça nous coinçait au niveau du registre que l’on voulait donner au personnage. Il y a des choses qu’il est invraisemblable d’attribuer à Chabanel. Devenu fictif, il était plus facile de jouer avec.

 

ALP : Vous avez choisi de ne pas détacher de protagonistes chez les Indiens.

 

FD : Je pense que je n’avais pas le savoir nécessaire à l’époque. En terme d’écriture dramatique aujourd’hui je trouverais ça très important qu’il y ait un personnage indien majeur. On n’avait pas suivi de cours de scénarisation ! Tout de même, le personnage joué par Jean-Louis Millette exprimait le fond de la conscience indienne. C’était un personnage important.

 

ALP : Le choix de les faire parler en français provenait d’une méconnaissance de la langue huronne à ce moment-là, ou c’était un choix pratique ?

 

FD : On avait rencontré ce problème très tôt avec Alec mais on s’était dit qu’on travaillait dans l’onirique. Ce qu’on en savait provenait des Relations des jésuites, c’est ce qu’on apprenait dans notre enfance. On a tiré presque tous les dialogues de là. Alors, on leur a attribué la langue que les jésuites leur avaient attribuée.

 

ALP : Et quelle a été la réaction du clergé à la sortie du film ?

 

FD : ça faisait partie du concert qui accompagnait la diffusion. Ça a été un gros événement.

 

ALP : Est-ce que c’était conforme à leur vision de l’histoire ?

 

FD : Non, je ne pense pas. Le film tombait en plus en pleine décléricalisation. Tout le monde était pris dans ces émotions. On vivait tous une immense transformation de la conscience collective. Plus tard, on a fait une lecture du film comme l’un des signes de la Révolution tranquille.

 

ALP : Est-ce que vous-même y trouvez des parallèles ?

 

FD : Pas vraiment. J’étais très préoccupé par la forme. J’étais fasciné par la reconstitution historique.

 

ALP : Pourquoi avoir choisi un français, Alain Cuny, pour le rôle principal?

 

FD : J’avais d’abord offert le rôle à un acteur québécois. Mais quand j’ai commencé à regarder le film, j’ai trouvé ça catastrophique. Il ne faisait pas du tout le poids face à ce personnage immense qu’était Brébeuf. A l’Office, on s’est mis à chercher au Québec un acteur qui pourrait faire ça. Je ne trouvais personne. J’avais vu Cuny dans un film, Les visiteurs du soir, je crois. Ça m’avait vraiment impressionné. J’ai donc proposé à l’Office qu’on tente d’aller chercher Cuny pour jouer Brébeuf. Ça a marché. Ils m’ont envoyé en Europe. Je lui avais envoyé le scénario au préalable et on s’est rencontrés. On est allés marcher ensemble, à Versailles. On a parlé assez longuement du film. A la fin, il était d’accord. Il était déjà très célèbre en France. C’était un personnage en lui-même. C’était très intéressant de travailler avec lui.

 

ALP : Est-ce qu’il vous a apporté satisfaction dans le rôle ?

 

FD : Tout à fait. Il avait toute la stature nécessaire.

 

ALP : On sait donc que le film a été produit en pleine crise spirituelle au Québec. Est-ce que cette crise vous a également traversé ?

 

FD : La spiritualité m’a toujours intéressé. Même à ce jour. Il me semble qu’au moment du film j’étais déjà croyant. C’est auparavant que j’avais cessé d’adhérer à la foi catholique. Mais mon idée du film c’était plus de revisiter les images qu’une recherche spirituelle. La démarche était spirituelle, mais ce n’était pas une démarche de croyant.

 

ALP : J’ai découvert les Saints martyrs canadiens un peu grâce à votre film. On pourrait dire qu’ils sont passés de mode. Quelle image d’eux vouliez-vous véhiculer ?

 

FD : C’étaient des héros pour moi. Je ne voulais pas les glorifier. Je ne partageais pas nécessairement les croyances de ces gens mais ils avaient eu un comportement extrêmement héroïque. Partir de France pour aller s’enfermer en Huronie, il fallait le faire. Surtout quand on pense qu’ils voyageaient de Québec jusqu’au nord de l’Ontario en canot. Je me rappelle qu’Alec voulait me montrer ce qu’il y avait d’absurde dans une forme de croyance qui était d’aller enseigner la vérité aux autres et de se retrouver finalement à bout de force et démenti par la réalité. C’est difficile de lui mettre des mots dans la bouche mais je pense qu’elle voulait dire « Dieu n’est jamais si loin ». On n’a pas besoin d’aller jusqu’à l’extrême, jusqu’au martyr. Si vous voyez la version originale, c’est dit presque clairement. On voit le jeune père enfant qui joue dans un verger en France. Sa mère lui dit : « Dieu est en toi ».

 

ALP : Seules les Relations des jésuites et vos souvenirs d’enfance vous ont aidé à élaborer le scénario ?

 

FD : Alec avait déjà rédigé un scénario très bien construit. Moi je me suis surtout intéressé à la reconstitution. Je connaissais l’arrière-plan religieux par mon cours classique. J’ai fait mes études pendant la guerre dans un collège classique. C’était comme d’aller vivre au 17ème siècle. Les clercs imposaient la réglementation dans l’école. C’était extrêmement austère.

 

ALP : Avez-vous cherché à diffuser ce film ?

 

FD : Moi j’étais réalisateur et producteur. Je n’avais pas à le distribuer. Le film a un peu circulé au Canada anglais, surtout à la télévision. Il existe une version doublée en anglais.

On a essayé en France parce que ça avait eu un petit succès en salles et à la télévision ici. On s’est donc dit qu’il y avait peut-être une diffusion européenne à envisager. Je suis parti avec Alec Pelletier et un officier de distribution de l’ONF. On est partis pour l’Europe pour essayer de vendre le film à des distributeurs français. L’accueil a tout de suite été glacial. Cuny, qui était resté un bon ami, nous a proposé d’intervenir auprès de François Mauriac. Il écrivait à ce moment-là un billet hebdomadaire dans l’Express, qui était très lu. Mauriac était connu comme un auteur catholique tourmenté. Il est venu voir le film dans un petit cinéma très confortable des Champs-Elysées. A la fin, il est sorti de la salle sans nous saluer. Cuny l’a rattrapé et nous les entendions dans le corridor. Mauriac disait « c’est terrible ce film, c’est terrible ». Il avait détesté le film. Il n’était pas question qu’il y fasse référence.

 

ALP : Ce genre de réception, j’imagine que ça doit abattre ?

 

FD : ça m’a cassé les reins. C’était très dur à porter. D’autant qu’à cette époque le cinéma québécois n’existait pas. Il fallait le créer. Essayer d’en faire un deuxième c’était à toutes fins pratiques impossible.

 

ALP : Aviez-vous l’impression que le film n’avait pas été compris, ou avez-vous endossé la responsabilité de l’échec ?

 

FD : J’étais assez fier de ce film. Je suis toujours fier de sa facture. Je me suis remis en question sur la pertinence du sujet. J’aurais du mieux mesurer la résistance qu’auraient mes compatriotes à revisiter le cléricalisme. La Révolution tranquille commençait. On n’était pas du tout dans le retour sur les valeurs religieuses ou l’histoire. Ce n’était pas le bon moment pour ce film. Mais j’étais un jeune cinéaste ambitieux, qui avait le goût de faire un certain type de films. J’ai été producteur, et directeur de l’équipe française, pendant toute la période du Cinéma Direct. Mais moi j’appartenais plus à une autre famille esthétique qui relevait du cinéma de fiction, du cinéma écrit. J’étais plus ambitieux en terme de récit dramatique.

 

ALP : Après cette aventure, vous êtes resté à l’ONF ?

 

FD : J’ai quitté l’ONF plusieurs années après. Je suis parti en 69. Ça m’a coûté cher sur le coup. J’ai quitté la direction de l’équipe française, j’ai fait Le Festin de morts. Il y a eu sa sortie et la querelle autour de cette sortie. Mon successeur à la tête de l’équipe française m’a convoqué. Il m’a parlé des services que j’avais rendus à l’ONF, m’a dit qu’il n’y avait pas beaucoup de parents pour le cinéma. Il voulait que je trouve d’autres choses. Il me laissait un an. Il avait un budget pour un petit film. J’ai donc fait un petit film qui s’appelait ça n’est pas le temps des romans. Ce film, dès qu’il a été fini, a été envoyé au festival de Tours, en France, qui était le grand festival de courts métrages à l’époque. Il a gagné le premier prix. ça a clos l’épisode relatif à ma démission, mais c’est sûr que ça m’avait blessé profondément.

Je me suis ensuite tourné vers le cinéma dit de recherche et d’intervention sociale. J’ai entrepris un film qui devait s’appeler plus tard Saint-Jérôme et qui était une espèce… de feu d’artifice en documentaire. J’ai fait un film de très longue observation dans une petite ville qui vivait une crise aigue de chute industrielle. J’ai découvert toutes sortes de choses sur la relation d’un cinéaste avec un milieu. Ça a donné un film de deux heures qui a eu beaucoup de succès au Québec. On a sorti 28 films satellites issus des métrages qui avaient été tournés. Ces films étaient plus destinés à un processus d’éducation populaire. Ça m’a beaucoup orienté vers le cinéma d’action populaire pour plusieurs années.

 

ALP : Vous êtes revenu à la fiction plus tard ?

 

FD : Je suis revenu à la fiction en voulant faire de la fiction en création populaire avec des groupes. J’ai donc fait un film qui s’appelait Tout l’temps, tout l’temps dans lequel je réunissais un groupe choisi en fonction de leur âge, de leur situation sociale et de leur quartier qui était le centre sud de Montréal. Ils ont tous interprété des rôles. Je me suis mis à explorer toute la dimension de la fiction amateur, de l’imaginaire populaire. Ça m’a conduit à faire un autre film qui s’est appelé Thetford au milieu de notre vie. Je me suis rendu compte qu’il y avait un mensonge dans cette entreprise. J’ai demandé à des gens qui n’étaient pas formés pour ça de scénariser le film, d’écrire des rôles, de les jouer. Moi ça me débarrassait de mes exigences d’artiste. Après ça, j’ai fermé la piste du cinéma d’intervention sociale. J’avais envie de faire autre chose. Sans que je cherche, est arrivée la télévision. Il y avait un projet de téléroman à écrire. J’entrais de nouveau dans l’univers de la fiction, cette fois en tant qu’auteur. La série s’appelait Le parc des braves. Elle a tenu quatre années et a connu une large diffusion.

 

ALP : Vous avez connu de beaux succès à la télévision avec Les filles de Caleb et Shehaweh notamment.

 

FD : Shehaweh, c’est une autre plongée dans le monde des indiens. J’avais rédigé le scénario mais il a fallu que je m’associe à un auteur français pour la diffusion française. Il a révisé le deuxième épisode qui se passe en France et a fait quelques changements. Moi je connaissais bien l’univers autochtone depuis Le festin des morts. La spécificité de cette série c’est qu’elle se déroulait autour de la fondation de Montréal. J’ai du plonger dans ces recherches là. L’historien Marcel Trudel m’a accompagné. J’écrivais un contrepoint au Festin des morts. La narration s’effectuait du point de vue de l’Amérindien. La série n’a pas reçu un très grand succès populaire. J’attaquais assez sévèrement l’image dorée de la Nouvelle-France.

 

ALP : Avez-vous l’impression que vos films ont eu une existence au delà de leur sortie ? J’ai souvent l’impression que les films québécois finissent leur vie sur des VHS dans les sous-sols de la Cinémathèque.

 

FD : C’est vrai en grande partie, mais Le festin des morts par exemple a continué d’exister. On est un petit pays, c’est normal. On est une jeune cinématographie. Pour mon prochain long métrage, j’aimerais faire un film plus onirique. Je me suis rendu compte que notre cinématographie est restée très encrée sur notre portrait de la réalité. Même en fiction, c’est une cinématographie qui reste très documentaire. A mon sens, c’est le signe d’une maturité qui n’est pas pleinement acquise.

 

ALP : C’est aussi ce que je ressens dans mes recherches sur le cinéma historique. Que pensez-vous des reconstitutions québécoises justement ? Des films de Brault et de Falardeau ?

 

FD : Je trouve Les ordres de Michel Brault absolument magnifique. Les films de Falardeau ont une belle facture. Je ne peux pas dire que je trouve le traitement historique très fort dans ces films. Dans le cas des Ordres, c’est très proche de l’événement. Le traitement historique est très poussé. C’est porté par l’idéologie nationaliste, qui n’aide pas toujours à reconstituer l’histoire. Ce sont des films que je trouve très estimables. Ça devient très difficile de financer ce genre de productions. Quand j’ai fait Les filles de Caleb ou Shehaweh pour la télévision, on avait les budgets nécessaires. On ne les a plus désormais. Il n’est plus possible de les faire. Les télévisions se sont appauvries.

 

ALP : Et avez-vous vu Black Robe ?

 

FD : Oui, je l’ai vu. C’est très proche du Festin des morts. Et je trouve Le festin des morts beaucoup mieux !.. Un peu d’intolérance et de jalousie d’artiste. Shehaweh, que j’ai écrit mais qui était réalisé par Jean Beaudin, a été tourné dans les décors de Black Robe.

 

ALP : Puisqu’on évoque Jean Beaudin, qu’avez vous pensé de Nouvelle-France ?

 

FD : Je trouve que le scénario était très défectueux. La réalisation était honnête. Il y avait une magnifique comédienne qui a payé très fort l’échec du film. On a parlé de beaucoup de jeux d’influence dans la scénarisation. Mais tout ça s’est passé très loin de moi.

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